Un Roman Partie 5 - Arthur MacCallum

Published 17-Oct-2020 By Liz Updated 22-Oct-2020

Les deux hommes étaient allés sur Dartmoor, l'immense lande qui se trouve à l'est de Sidersvale. Mais ils n'avaient pas voyagé ensemble. Ils étaient allés chasser la grouse. Mais dans la brume du matin de janvier David Curnow-Jones, s'était, il semblait, séparé exprès du grand groupe d’hommes.  Il avait délibérément ralenti un peu le pas, et avait laissé le groupe principal disparaître dans le brouillard.  David  avait fini par marcher tout seul, le fusil suspendu lâchement à son côté.  Il avait commencé à détester ces parties de chasse.  Elles étaient une source de revenus facile de laquelle il avait bien profité, mais c'était la fête après chaque chasse - la tradition - qu’il abhorrait vraiment.

Chaque week-end de chasse arrivait à une fin glamoureuse avec une fête somptueuse.  David utilisait sa maison seigneuriale pour amuser des groupes de chasseurs riches et leurs femmes.  

Un dîner élégant était accompagné de musique de chambre. David, un cigare non allumé à la main, habillé d’une veste de soirée, se serait assuré de parler avec chaque personne comme si il ou elle était important ou de grand intérêt pour lui.  Le cigare signifiait en secret qu'il aurait préféré être seul dans sa bibliothèque, les murs tapissés de livres, confortable dans son fauteuil  de cuir,  avec un verre de whiskey à la main, et son chien chaleureux à ses pieds. 

Au lieu de cela, David, ou plutôt Lord Curnow était là, avec un sourire figé, pendant que des dizaines de serviteurs apportaient des boissons, et tous les délices imaginables à ces invités payants qui étaient enchantés par leur hôte aristocrate et noble. 

Les préparatifs de chaque somptueuse fête étaient laborieux et prenaient beaucoup de temps. La salle de réception, les salles de bains, la grande salle à manger, et toutes les chambres d'hôtes devaient être nettoyés minutieusement.  Nombre d'énormes compositions de fleurs, qui avait été commandé de Londres, 400 kilomètres plus loin, étaient mises en place pour que l’air fût parfumé de leur dernier soupir. 

David devait passer la soirée avec ces gens. Il n’avait pas voulu passer toute la journée, sur la lande avec eux non plus.   Il avait besoin de leur argent parce ce que les temps avaient commencé à changer. Le bourgeoise gagnait en pouvoir avec leur innovations, leurs usines, leur savoir-faire commercial, et en plus, leur argent frais.  Il avait besoin des bourgeois, mais il ne les aimait pas.  Ils n'étaient pas de sang bleu!

Arthur, le père d’Ainsley avait été la seule personne qui avait vu que Lord Curnow était tombé dans la tourbière, et avait disparu. 

En travaillant comme rabatteur ce jour-là, il aurait dû marcher 35 km à travers un sous-bois épais, dans des conditions humides et glaciales, toute la journée pour seulement trois livres sterling.  Arthur avait quarante ans et était désespérément pauvre.  Il avait quitté l'école à l'âge de quatorze ans pour travailler comme ouvrier agricole. 

Arthur n’avait jamais pensé profondément à rien.   Il ne s'était jamais demandé si les étoiles qui scintillent la nuit dans le ciel etaient orbitées par des planètes comme la Terre.  Il ne s'était jamais posé la question de savoir si les moutons redoutaient le jour de leur abattage, ou s’ils ressentaient une peur bleue et s’ils pleuraient  pour leur mères au moment où leurs gorges étaient tranchées. Au contraire, pendant trois années, lorsqu’il  travaillait dans l'abattoir de Sidersvale, la puanteur du sang, la peur froide, déchiquetée comme un fil barbelé, et les cris des animaux,  avaient fonctionné pour Arthur comme un couverture chaude.  Sa vie était une série de pas amers vers la mort. Les sentiments des autres n’avaient aucune importance. Leur douleur lui donnait des papillons dans le ventre.

Sur la lande, Arthur avait battu le sentier devant les chasseurs débutants.  Beaucoup d'entre eux avaient fait le long voyage depuis Londres en anticipation de massacrer des petits oiseaux.  

Normalement, ces hommes auraient passé leurs journées assis derrière leur bureau dans une banque d'investissement.  

Le week-end à la campagne était l'occasion d'utiliser leur instincts commerciaux mortelles pour faire de véritables tueries.  Ils pouvaient tirer sur des oiseaux effrayés et sans défense, qui avaient été choqués au dessus du chemin par les batteurs, les regarder tomber du ciel et faire un bruit sourd sur le sol.   Leur joie de tuer n'était égale qu'à leur joie de s'en vanter plus tard au dîner.

Arthur avait battu les buissons avec un passion mécanique et cruelle. Mais aujourd'hui, il avait senti une ressentiment vers ces hommes privilégiés et, en plus, il avait la gueule de bois après une nuit dans le pub, donc il était resté en place, pour respirer.  Mais, à travers le brouillard, derrière lui, il avait vu un autre homme qui s'était aussi arrêté et qui était debout tout seul avec son fusil pointé vers le ciel à quelque oiseau imaginaire. 

Arthur avait pensé "Un idiot - il va tuer quelqu’un s’il ne reste pas avec les autres”  

Il avait pensé qu’il devait être l’un des banquiers.  Donc il avait commencé à faire le tour de l'homme pour pouvoir marcher vers lui.   Comme il l’avait fait, l’homme avait disparu dans la terre. 

Arthur avait couru vers l’homme.  La lande avait beaucoup de tourbières et c'était facile d’y tomber et de mourir d’hypothermie s'il n'était pas possible de sortir de la soupe épaisse, suçante et stagnante de la tourbe, la mousse et l'eau glacée. Ils étaient vraiment les portes d'un enfer glacial. 

Il avait trouvé l’homme submergé jusqu'aux épaules, dans une tourbière profonde et âcre. L’homme avait murmuré, avec désespoir, les paroles "aides-moi”.  Il n’avait pas l'énergie de crier et il savait que la boue glacée essayait de prendre sa vie. 

À ce moment, Arthur s'était rendu compte que l’homme qui était en train d'être avalé par la tourbière n'était pas l’un des riches invités, mais c'était le propriétaire terrien, Lord Curnow, lui-même.

Plus l'homme avait lutté, plus il avait coulé - et pendant quelques minutes parfaites et silencieuses, Arthur l’avait regardé lutter, jusqu'au moment où la boue était entrée dans son nez et Lord Curnow avait  commencé à se noyer. Arthur aimait voir des vies s'éteindre.

En outre, Arthur savait que si les rôles avaient été renversés, personne n'aurait réalisé qu'il avait disparu. 

Mais puis, il s'était réveillé de son rêve. Il avait pris une profonde respiration et il s'était couché sur le sol froid, près du bord de la tourbière, en utilisant son bâton de rabatteur, et avait demandé doucement et sans panique à son employeur qui bafouillait et qui était terrifié de lever son bras ... un seul bras ...  qu'un bras, Seigneur Curnow.  Ne lutte pas Seigneur ou la tourbière va vous prendre.

L’homme riche avait commencé à pleurer pendant qu’il utilisait tout son effort à forcer son bras droit à sortir de la boue.  Mais sa bouche était pleine de la tourbe et il s'étouffait et plaidait silencieusement avec Arthur de ne pas le laisser mourir. 

Arthur avait calculé que s’il pouvait sauver la vie de Lord Curnow, il pourrait être récompensé.  Lord Curnow avait pu libérer son bras et maintenant il cherchait à atteindre le bâton d’Arthur.  Après quelques essais, Lord Curnow avait réussi à  saisir le bout du bâton, et Arthur, lentement avait tiré, centimetre par centimetre avec toute sa force jusqu'à ce que l’homme atteigne la terre ferme. Puis il était entré dans la tourbière lui-même avec son pied tenu par une vieille racine d'arbre noueuse, et il avait fait sortir Lord Curnow. 

Des années de travail manuel l'avaient rendu fort, ce qui était très chanceux pour l'homme le plus mince et le plus faible.  Toute l'opération avait duré plus d'une heure et les deux hommes étaient gelés. Ils étaient restés sur le sol, épuisés, avec les dents qui claquaient, jusqu'à l'arrivée des autres. 

Arthur avait entendu que David Curnow Jones avait souffert d’hypothermie et qu’Il avait perdu deux de ses orteils. Mais Arthur n'avait reçu aucune accolade ni aucune récompense pour son secours, et rien n’avait jamais été dit. 

Quand Lord Curnow-Jones était mort sept ans plus tard d'un cancer du poumon, Arthur avait reçu une lettre du gestionnaire du domaine expliquant que Curnow avait laissé un testament qui offrait à Arthur, à perpétuité un loyer nominal d’une livre par an, pour la ferme de Wellingborough. La ferme était située à la limite de son immense domaine.  Elle était un gâchis de trois cents ans, de brique, de boue et de crin de cheval, abandonné et fétide.

Mais la ferme était venue avec quatre-vingt dix hectares du terrain, et Arthur, ouvrier agricole, sans education, homme de petits boulots et alcoolique en devenir, qui avait habité dans un petit appartement avec deux fils adolescents délinquants et une femme opprimée, avait maintenant une ferme à appeler le sien.

Vocabulaire De La Partie 5

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One comment on “Un Roman Partie 5 - Arthur MacCallum”

  1. Votre histoire met en lumière des inégalités et des injustices. La chasse aux tétras dans les landes est une grosse affaire en Écosse aussi. Maintenant c'est un sport légitime pour les riches gens d'affaires - principalement de l'étranger. Votre dégoût pour la pratique de tuer des oiseaux transparaît fortement. Il y a une oppostion croissante en raison des landes de tétras sont gérées de manière intensive et ont été décrites comme empêchant non seulement les oiseaux de proie, mais aussi comme empêchant la nature sauvage, les paysages naturels et l'écotourisme. Je préfère la nature sauvage. C'est une survivance à l'époque victorienne et cela me rend triste. Je compatis avec Lord Curnow concernant sa lassitude des parties de chasse, bien qu'il ait la mentalité stéréotypée de supériorité envers son employé Arthur Maccallum. Aucune récompense pour avoir sauvé la vie de son employeur jusqu'à ce qu'il reçoive une ferme en ruine. Pas de justice dans ce monde - mais peut-être dans ton histoire! Continue, chère Marilyn!

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