Un Petit Peu De #MeToo - Épisode 2

Updated On 24-Apr-2020 By Liz

On continue avec l'Épisode 2 - pour lire l'Épisode 1 cliquez ici


Helena était d'Inverness, au nord de l'Écosse et elle était allée à l'université d'Aberdeen. Après avoir travaillé avec elle pendant quelques mois, il était juste de dire qu'elle avait vécu une vie incroyablement protégée.

Je me souviens que même si à ce moment-là elle était si jeune, elle portait toujours au travail des jupes en tweed, et des chemisiers boutonnés jusqu'au cou avec des gilets en tricot.

Dans son comportement elle apparaissait beaucoup plus vieille que son âge. 

Un jour, pendant une conversation entre nous, Helena s'est déclarée scandalisée, avec, j'ai cru, un soupçon d'excitation déplacée. Pourquoi était-elle si agitée? Car pendant une des ces épiques randonnées vers une réunion, elle avait remarqué un homme qui regardait ses jambes!

Helena m'a dit avec un accent Ecosser très prononcé et qui rappelait celui de Maggie Smith dans le film, "The Prime of Miss Jean Brodie", et avec une certaine excitation,

"Il fixait vraiment mes jambes !"

J'ai jeté un coup d'oeil pour vérifier la situation avec ses jambes. Sa jupe descendait bien en dessous de ses genoux. Helena n'était pas une grande jeune fille - il n'y avait pas grand choses à voir!

J'ai fait de mon mieux pour avoir l'air à la fois mortifiée et compatissante. De mon côté, si un mec, avait fixé intensément mes jambes pendant quelques secondes, je n'aurais pas remarqué.

Je trouvais Helena un peu agaçante. Au travail, quand elle ne s'occupait pas à imaginer le pire, elle parlait sans fin de se marier. Elle était irritante et agressive, "je veux me marier, je veux me marier!" Tel était son mantra.

Il y a des gens dont le comportement ne commence à avoir du sens que lorsqu'on réalise qu'ils essayent de passer pour des humains mais n'y arrivent pas. À mon avis, Helena devait être une extraterrestre.

Elle était indéchiffrable sur tous les niveaux. Je trouvais que je devenais plus suspicieuse de ses origines planétaire chaque jour.

Je préférais la compagnie de Lauren. Elle était intelligente, d'un charme incroyable et drôle. Nous sommes devenues de bonnes amies. Ensemble, Lauren et moi, avons commencé à discuter d'un problème que nous voulions tous les deux résoudre.

Nous avons discuté un plan d'action et étant donné qu'Helena était si perturbée par l'homme qui avait jeté un coup d'oeil à ses chevilles, nous avions espéré pouvoir compter sur sa totale coopération.

Lauren et moi avons décidé d'organiser, une protestation dans le bureau contre ce que nous regardions comme du harcèlement constant. C'était une situation qui était tolérée par notre petite bande d'employées féminines.

Dans ce bureau ouvert énorme, dans cette antre de la testostérone brûlante, quatre-vingt pourcent des murs des cloisons étaient recouverts de photos de femmes à gros seins qui ne portaient rien.

À titre d'illustration uniquement

Leurs nichons immenses brillaient des pages déchirées fébrilement des magazines, et accrochées à la hâte aux murs par des mains sales et moites.

Au dessus de chaque paire de ses fortes poitrines bombées on trouvait des lèvres rouges, charnues, pulpeuses et mûres comme les cerises sur une glace à la vanille. La glace me semblait bloquée dans le temps, toujours sur le point de fondre.

Des centaines d'images pornographiques de femmes, complètement nues et quelquefois en train de faire des choses extrêmement douteuses, étaient réparties dans les bureaux de cet établissement du gouvernement à la vue de tous.

Chaque jour de nouvelles images apparaissent pour ajouter à la joie et la supériorité acceptée, conféré de ces hommes.

Les corps féminins nus étaient partout. Le bureau comme décrit, était un environnement dans lequel Helena, Lauren et moi-même, devions travailler, nous asseoir, assister à des réunions, penser, écrire des logiciels, prendre des decisions techniques, respirer, manger nos sandwiches et essentiellement faire un travail difficile sans que cela nous affecte négativement.

Steve était mon voisin le plus proche dans le bureau. Son box était à côté du mien. Il était ingénieur diplômé un an plus âgé que moi.

Quand j'ai demandé à Steve s'il voulait retirer les photos de femmes sexy des murs de son box, il m'a accusée d'être envieuse des leurs seins démesurés.

Il avait raison sur la taille. Les miens n'étaient pas si gros, et pour le savoir il avait déjà dû me comparer avec ses photos. Quel toupet!

C'était un homme de l'extrême sud-ouest de l'Angleterre, de Truro, pâle, obèse et luisant comme un vers. Il avait une masse de cheveux blonds hirsute et n'avait aucune idée de son propre sex appeal inexistant.

Mais Steve s'était aussi trompé. Je n'étais pas envieuse de ses glandes mammaires préférées. Je n'étais pas payé pour utiliser mes seins au travail. Nous jeunes femmes étions des ingénieurs, pas des putains de striptiseuses.

Nos collègues masculins ne comprenaient pas notre incapacité à bloquer ses images et leur sous-entendue, qui nous faisait nous sentir comme des objets sexuelles, sur le lieu de travail.

Les insinuations sexuelles et l'attention des hommes étaient quotidiennes pour moi-même et pour Lauren. Nous devions l'accepter ou en rire.

Mais pas pour Helena. J'avais l'impression qu'elle trouvait cela flatteur. Elle pensait que les nymphes aux seins nus lui apportaient un petit peu l'attention des hommes.

Mais je ne pouvais pas lire ses pensées. Elle pratiquait peut-être une forme de double bluff. Ou, elle rassemblait simplement des données à retransmettre au vaisseau-mère

Quand j'ai expliqué à Steve que je ne voulais plus l'attention des hommes que je recevais déjà, il a dit que les images pornos étaient des oeuvres d'arts et que les hommes avaient le droit d'accrocher l'art dans leur boxs.

Lauren lui a alors demandé s'il pouvait écrire un logiciel seulement en état d'excitation sexuelle.

Steve n'a pas donné de réponse raisonnable. Si nous n'étions pas heureuses avec le situation - comment pouvions-nous survivre dans le monde difficile du génie logiciel. C'était la fin de la discussion.

Ah vraiment?


Épisode 3 suit ...

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

11 comments on “Un Petit Peu De #MeToo - Épisode 2”

    1. Merci Nathalie de prendre la peine de commenter. Je l'apprécie beaucoup. Mais Céline (mon prof) m'a aidé à corriger tout les erreurs

  1. C est bizarre, ce qui me choque n est pas le fait que ces femmes devaient supporter ces photos mais le fait que les hommes en aient envie. Qu elle drôle de chose que de vouloir regarder des fesses sur un mur toute la journée !!!!

  2. Ma mère a eu le même situation quand elle a travaillé à British Aerospace. elle a affiché un poster de Paul Newman dans son bureau. Immédiatement les hommes étaient en colère et ils ont insisté qu’elle le descend, puis elle a dit ‘Non!’ . Même si eux ils avaient des photos pornographique sur leurs murs.

    1. LOL - Susie ! Je n'ai pas dit exactement où je travaillais dans l'histoire, mais il s'avère qu'il était la même entreprise - peut-être le même location? Pour être précis, je travaillais à British Aerospace, Six Hills Way, Stevenage.

      1. Ma mère a travaillé dans le section Systems Laboratoires à British Aerospace, Filton , Bristol. C’était pendant les années quatre-vingt.

  3. Obtenir ce que vous souhaitez sur le lieu de travail nécessite un équilibre d'assertivité sans agressivité. Il sera intéressant de voir comment compte-t-il résoudre ce problème. Dans les pays occidentaux, maintenant sont les hommes mieux éduqués et conscients de les droits des femmes. Et maintenant l'émancipation des femmes constitue un élément clé de la gouvernance. Mais il n'était pas le cas dans votre jeunesse. Naturellement, il y aura de mauvais éléments, et il y en aura toujours, mais j'ai hâte donc de suivre votre prochain épisode. Il est vraiment très intéressant.

  4. Elizabeth, heureusement, un tel comportement n'est plus toléré sur le lieu de travail. Cependant, il existe encore des situations dans lesquelles les femmes sont exploitées sexuellement avec une promesse d'amélioration de carrière, d'où #metoo. J'espère que vous n'avez pas été marqué par votre expérience et que vous avez trouvé le respect en tant que professionnel.

    1. Merci Janet. Oui - beaucoup a changé. J'ai choisi de raconter celui-ci parce qu'il était relativement inoffensif. Mais il y avait des autres choses.

  5. I want to read no. 3 to see what happens! Brava! (And shame on your former coworkers.) It was so different back then, wasn't it?

Search The Site

About

This blog represents my attempts to improve my French.  LOL.

Social

Copyright © 2020 Francofile
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram